Clarinettes, la CLEX et les Saxophones

Instruments innovants et instruments historiques

Pourquoi faire fonctionner une clarinette au moyen de l’électronique ? Faut-il jouer les instruments d’époque ?
Plusieurs projets de recherche de la Haute école des arts de Berne se sont penchés sur ces questions dans le cadre des instruments à vent en bois.

La clarinette contrebasse CLEX

La nouvelle clarinette contrebasse, la CLEX ou « Contrabass Clarinet extended », est à la fois archaïque et futuriste. Archaïque, la technique de jeu : comme toutes les clarinettes, CLEX possède un bec dans lequel souffle l’instrumentiste et sur lequel est ligaturée une anche. Futuriste, la mécanique : les clés qui bouchent et ouvrent les trous sont manœuvrées à partir des spatules par le biais de capteurs, d’un ordinateur et de petits moteurs. Cette solution de commande mécatronique s’avérait nécessaire afin de pouvoir positionner de manière optimale les trous et les clés sur toute la longueur du tuyau.

La CLEX a été développée par une équipe de recherche sous la direction d’Ernesto Molinari (professeur à la HKB), de Jochen Seggelke (facteur de clarinette) et de Daniel Debrunner (mécatronicien). (pour en savoir plus...)

Cette technologie ouvre de nouvelles perspectives musicales, comme en témoignent plusieurs œuvres composées pour Molinari et sa CLEX (voir vidéo ci-dessous).

Trio des clarinettes contrebasses, au paravant le protoype I de la CLEX qui est actuellement exposé dans FRESH WIND
Trio des clarinettes contrebasses, au paravant le protoype I de la CLEX qui est actuellement exposé dans FRESH WIND
Chaque clé de la CLEX est pourvue d’un ventilateur, afin d’éviter toute surchauffe.
Chaque clé de la CLEX est pourvue d’un ventilateur, afin d’éviter toute surchauffe.

Entretien avec Ernesto Molinari et extrait de la création de « Convert Ego »

Saxophone

Malgré son jeune âge – il a été inventé vers 1840 – le « petit dernier » de la grande famille des vents peut s’enorgueillir d’une histoire mouvementée, bien documentée au Musée sonore de Berne grâce à des prototypes originaux d’Adolphe Sax (en haut à gauche sur l’image) et d’autres facteurs d’instruments.

Dans le cadre d’un projet de recherche, un saxophone alto d’Edouard Sax, fils d’Adolphe Sax, construit vers 1900, a fait l’objet d’une restauration. Il est désormais à disposition des musicien·ne·s qui souhaitent en expérimenter le jeu (voir les vidéos ci-dessous).

Exposition de saxophones au Musée sonore de Berne : Du sopranino jusqu'au saxophone contrebasse
Exposition de saxophones au Musée sonore de Berne : Du sopranino jusqu'au saxophone contrebasse

Le saxophone d’Adolphe Sax fils dans les mains du multi-instrumentiste James Morrison

En 2018, le multi-instrumentiste James Morrison a joué ce saxophone de 120 ans en concert au Musée sonore de Berne.

Demian Kammer joue « Valse vanité » sur l’instrument d’Adolphe Sax fils.

Le taragot, un saxophone en bois

Gerrit Boeschoten joue le taragot (restauré) de Stowasser du Musée sonore de Berne.

Instruments restaurés

Les instruments à vent en bois sont particulièrement fragiles. Les jouer peut générer des fissures. Par ailleurs, la mécanique s’use. C’est pour cette raison qu’en principe, on ne joue pas d‘instruments à vent d’époque. Quelques instruments ont été restaurés afin d’en permettre une utilisation occasionnelle exceptionnelle.
(pour en savoir plus...)

Citons notamment trois clarinettes, un saxophone et un taragot :

  • Clarinette en si b de Sauerhering, système allemand, Magdebourg 1913, bec de tradition allemande
    convient par ex. aux Fantasiestücke de Schumann
  • Clarinette en si b de Gautrot, système français « treize clefs », Paris milieu du 19ème siècle
    convient à la musique française de l’époque, et à la musique militaire
  • Clarinette en si b de Clementi, clarinette anglaise typique, Londres vers 1825
  • Saxophone alto d’Adolphe Sax fils, Paris vers 1900
    convient au répertoire d’harmonie et au répertoire classique de l’époque pour saxophone
  • Taragot de Stowasser, Budapest, 20ème siècle